
The château of Saint-Bernard, built on a strategic site in the Middle Ages, became a fortified possession of the Church of Lyon, before becoming a residence at the end of the Renaissance. Its more recent history is marked by the arrival of three famous Parisian artists.
A fortress.
It was built to defend the frontier formed by the river Saône, which separated the Holy Roman Empire from the Kingdom of France. It also served to watch over fluvial commercial activities.
The first documented mention of the château appeared in 1250 when Guillaume de Chabeu, Palatine of Riottier and Lord of Saint Bernard sold it to Guichard V of Beaujeu.
The château is situated opposite the Château of Anse, built by the Count of Forez (Archbishop of Lyon), to limit the growing influence of the Lords of Beaujeu, founders of Villefranche sur Saône in 1140.
1264
Guichard V sold the château to the Church of Lyon. It was then governed by Canons, responsible for exerting feudal rights on the Church’s behalf. The Church of Lyon claimed this fiefdom as part of the ‘Petit Franc Lyonnais’ (Saint Bernard, Saint Didier and Riottier), itself attached to the ‘Franc Lyonnais’. The latter, the fiefdom of Trévoux apart, was territory stretching from Croix Rousse( Lyon), to Riottier, and was endowed with rare privileges, rights and exemptions.
Throughout the 14th and 15th centuries, the château was threatened or attacked several times by neighbouring lords or outlaws.
1475
Tired of these conflicts, the inhabitants of Saint –Bernard sought the protection of the King of France, Louis X1, who granted protection whilst agreeing to preserve former privileges. In the aftermath of the human and financial devastation caused by the Wars of Religion between Protestants and Catholics, the Church of Lyon was forced to sell the château to meet royal demands for taxes
A residential château
The château is comprised of a set of fortified buildings, including a massive four-sided one, serving both as a keep and the main residence. The original fortress still bears the remains of two round towers and a gate tower, once equipped with a drawbridge.
Several arrow slits and the golden stones that once supported the machicoulis, now sawn off, on even level with the wall, remain visible on the upper part of the western façade, overlooking the courtyard. The Covet family made major alterations to the château, thus changing its defensive role to that of a residence, with wide mullioned and tall French windows, including one opening onto the western terrace.(Photo of the western façade)
The Covet Dynasty
In 1599,the estate was bought by Martin de Covet, a member of a rich family of merchants in Marseille, and makers, based in Bourg- en- Bresse, of escapolon– a naval cloth. The Château of Saint-Bernard and the associated fiefdom help to confirm his newly acquired noble status.
As a Coat of Arms, the Covet brothers chose two entwined pine tree trunks, bound together at their summit by one single fruit, thus sealing their brotherhood. This Coat of Arms can be seen in the vaulted hall.
The château passed from one generation to another. Martin 11 is buried in the church, where his tombstone in the altar can still be seen. In 1793, when the revolutionary authorities sealed off the château, Marie Louise Covet, the last in line, was forced to flee Saint-Bernard, and sought refuge at the Château of Haute Claire, Gleizé.
During her absence, pavilions and turrets were demolished, and the stones put to new use for local constructions. Marie Louise returned to Saint Bernard only to die there in 1801. Childless and unmarried, she marked the end of a dynasty.
A bohemian interlude.
In 1923 three famous artists from Montmartre, André Utter, Suzanne Valadon and Maurice Utrillo, bought then lived in the château. Utter and Valadon acquired it thanks to proceeds from the sales of paintings by Maurice Utrillo, Valadon’s son.
Suzanne Valadon was a model to Renoir and to Toulouse-Lautrec, and learned the art of painting from Degas. She became a famous modern artist in her own right, both in subject and in style. Her son, Maurice Utrillo, quickly achieved international fame as an artist thanks to his Parisian landscapes. During his exile in Saint-Bernard, intended to shield him from alcoholism, Utrillo painted several village scenes.
A renaissance.
Shocked by the dilapidated state of the château, it having been abandoned and then declared dangerous, Gilles Briens purchased the building. This was the start of a vast heritage restoration projet. In1997 the château was listed as a Historical Monument and underwent extensive restoration until 2008.
In 1997, villagers planted 200 000 daffodils, enabling, the following year, a floral reproduction of Utrillo’s famous painting “Le Moulin de la Galette”, to be created using 87 000 flowers. This was entered in the Guinness World Records as the largest floral bouquet in the World!
Since this date, the château has changed hands once more and is now a prized location for family and professional events.
This panel was elaborated with the help of Spinosa, an association dedicated to preserving the culturel heritage of Saint-Bernard.
L’intérêt politique et économique du site

– Le château permet de défendre la frontière entre le Saint Empire et le Royaume de France
– La Saône, une rivière navigable, constitue un moyen de communication important au Moyen Âge. Le sel, élément primordial à l’époque, y est transporté depuis les salines du Sud. C’est aussi une rivière très poissonneuse où la pêche occupe une place importante.
– Saint-Bernard se trouve aussi sur l’axe qui relie le bassin méditerranéen au Nord de l’Europe fréquenté par les marchands se rendant aux nombreuses foires, marques d’un essor des échanges commerciaux aux XIIème, XIIIème et XIVème siècles

– De nombreuses vignes cultivées sur les terres environnantes permettent la production de vin, très prisé à l’époque
Une propriété de l’Eglise de Lyon en 1264
– Qui est administrée par des chanoines qui sont chargés d’exercer les droits seigneuriaux au nom du Chapitre et d’en percevoir les droits. Le château devient donc une mansion, c’est-à-dire une petite seigneurie foncière confiée à un chanoine, le mansionnaire. Celui-ci exerce les droits de juridiction, de commandement, de péages, de pontonage, de chasse, de pêche. Il doit entretenir les bâtiments et y résider mais très rapidement les mansionnaires essaient d’échapper au poids financier de l’entretien des bâtiments. Cette situation entraîne une lente dégradation du château. En 1454, aucun chanoine ne veut être mansionnaire du château.
– Qui fait partie du territoire du Franc-Lyonnais

Le territoire du Franc-Lyonnais s’est constitué progressivement pour finir par recouvrir les communes actuelles suivantes :
10 au Nord de Lyon : La Croix Rousse, Cuire, Caluire, Rochetaillée, Fontaines (anciennement les 3 Fontaines), Fleurieu, Neuville ( ancien nom Vimy), Genay, Civrieux ( anciennement Bernoud) et Saint-Jean de Thurigneux
3 au Nord de Trévoux : Saint-Bernard, Riottier et Saint- Didier qui constituent le Petit-Franc-Lyonnais , séparé de la seigneurie de Trévoux qui appartient à la maison des Thoire -Villars par la rivière du Formans.
Toutes ces paroisses sont des possessions de l’Eglise de Lyon acquises à des dates successives du XIème au XIVème siècle. Le Franc-Lyonnais est donc une sorte de Dombes à la part de L’Eglise de Lyon.
Elles bénéficient de privilèges accordés par Louis XI et effectifs jusqu’à la révolution :
– Exemption de la taille et de la gabelle
– Liberté de commercialiser les vins
– Pas d’obligation de loger les gens de guerre
La particularité de ce territoire est sa position entre le Saint Empire et le Royaume de France, ce qui permet aux peuples de se ranger d’un côté ( comte de Savoie) ou de l’autre ( roi de France) suivant leur intérêt du moment. Ils pouvaient être protégés sans être soumis aux mêmes charges imposées aux sujets de ces deux souverains.
Une résidence

Jean et Martin Covet sont deux frères nés à Bourg en Bresse qui se sont enrichis dans le commerce maritime à Marseille et ont pu accéder à la noblesse grâce à de bons mariages. L’union de ces 2 frères est illustrée par leurs armoiries.
Cependant l’orientation de leurs activités conduit Martin à revenir en Bresse puis à acheter le château de Saint-Bernard. C’est lui qui commencera à apporter des modifications importantes au château pour lui donner un aspect résidentiel : larges fenêtres à meneaux, de hautes portes-fenêtres dont celle ouvrant sur la terrasse ouest …, lui ôtant son caractère défensif.

Les peintres
1923 : le château est acheté par André UTTER et Suzanne Valadon, grâce au produit des ventes des tableaux de Maurice UTRILLO, fils de Suzanne Valadon.
La Trinité maudite
Marie-Clémentine Valadon, née en 1865 dans la Haute-Vienne, suit sa mère à Paris et passe ses journées dans les rues de Montmartre. Repérée comme modèle par de grands peintres (Degas, Renoir, Toulouse-Lautrec, Puvis de Chavannes), orientée par Degas vers la peinture, elle développe un style original — portraits aux contours marqués et nus féminins — et signe ses œuvres « Suzanne Valadon ».



En 1883, elle donne naissance à Maurice, reconnu par le peintre catalan Miguel Utrillo. L’adolescence de Maurice est difficile : alcoolique et sujet à des troubles psychiatriques, il est initié à la peinture par sa mère dans un but thérapeutique. Utrillo peint les décors urbains montmartrois en utilisant beaucoup de blanc et signe « Maurice Utrillo V. » Ses œuvres rencontrent rapidement le succès.



André Utter, ami de Maurice, devient le modèle puis l’amant et le mari en 1914 de Suzanne de vingt ans son aînée. Il se met lui aussi à peindre et gère la vente des toiles d’Utrillo.

Pour éloigner Maurice de l’alcool, la famille s’installe au château de Saint-Bernard. Utrillo y peint les rues locales, l’église et les paysages alentour, mais continue de boire en secret du beaujolais échangé contre des tableaux. Le comportement troublant de ce trio lui vaut le surnom de « trinité maudite ».
La notoriété d’Utrillo ne cesse de croître — il reçoit la Légion d’Honneur — et le groupe quitte définitivement Saint-Bernard en 1933.
Suzanne Valadon meurt en 1938, Maurice en 1955, André Utter en 1948. Trois destins hors normes, marqués par l’art, la liberté et les excès.
Du péril à la restauration
1995- le château est à l’abandon depuis de nombreuses années. En décembre la toiture du donjon s’effondre et détruit les planchers des 2 étages supérieurs


Le châtelet menace de s’effondrer sur la route
Un arrêté de péril est pris par la mairie le 10 août 1996.


Le château est inscrit à l’inventaire des monuments historiques le 21 octobre 1996.


Gilles Briens décide d’en faire l’acquisition en novembre 1996 et se lance dans l’aventure de la restauration.
Le 10 avril 1997 le château est classé aux monuments historiques
Des travaux titanesques
Ci-dessous la succession des travaux de 1996 à 2008 sous la direction des architectes des bâtiments de France




La naissance d’un Jardin
Résultat des grands travaux à partir d’une friche
Le Château, selon les écrits, n’a jamais eu de jardins, jusqu’au jour où , dans les années 2000, le propriétaire Gilles Briens décide d’en créer un de toutes pièces sur une superficie d’environ 2 hectares où il a voulu traiter de façon moderne le thème des jardins médiévaux, en retravaillant le labyrinthe du Moyen Age .


Parcours labyrinthique de plus de 2 kilomètres, composé de 120 variétés de pommes et 100 de poires ,avec le souci de préserver les variétés anciennes.
Devant les labyrinthes ont été créés 12 jardins à thème de 150m² chacun, représentant différentes couleurs, les aromates, les légumes, le jardin des sorcières, le jardin aquatique

Une roseraie relie le jardin labyrinthique au jardin ouest planté de jonquilles et d’arbres choisis pour leurs belles couleurs automnales
Suite à ces réalisations le jardin est élu jardin remarquable de l’année en 2011.

